Masturbation

M : MASTURBATION
Onan est un vieil ami grec prévenant qui m’accompagne partout. Il me plait de le féminiser. Quelle amie, Onanie ! La verge et les couilles sont outils d’une souplesse 
d’usage insoupçonnable a priori – quand j’étais jeune homme, par exemple. L’exploration de la masturbation est sans fin, celle des gestes comme des lieux et des moments. Tant de lieux, habités ou de nature, privés ou publics élargissent ma carte intime, arrosés de mon sperme ! Tant de gestes sans cesse nouveaux qui augmentent un mode d’emploi inutile. Tant de moments choisis pour leur confort ou pour l’excitant inconfort de la transgression. Mais la masturbation est roublarde aussi, expédient facile qui distille l’amertume après le plaisir. Un profond sentiment d’incomplétude qui me plonge dans la mélancolie, le regret qu’une autre main, un autre corps n’ait partagé et prolongé ce moment trop fugace d’extase. D’expérience, la masturbation est comme le voyage. On peut les tenter en solitaire et ils seront mémorables, mais pointera tout le temps, tous les jours, à chaque pas, chaque mouvement des doigts sur la verge, le regret de ne pouvoir partager cette intense plaisir. Et jamais la masturbation n’abolira le désir de l’autre.

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